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Chapitre 2
Comprendre les lésions cérébrales acquises du
point de vue développement
2.1 – Mythes liés aux lésions cérébrales
2.2 – Causes d’une lésion cérébrale acquise
2.3 – Traumatisme cérébral
2.4 – Lésions légères,
modérées et graves
2.5 – Lésion survenant à un stade particulier du
développement de l’enfant
2.6 – Rétablissement et conséquences
à long terme
2.1 - Mythes liés aux lésions cérébrales
| Mythe: |
Toutes les lésions cérébrales se ressemblent. |
| Fait:
|
Aucune lésion cérébrale ne
ressemble à une autre. Le cerveau
est un organe unique et très complexe, et une lésion cérébrale
diffère d'une autre maladie ou blessure. La guérison d'une
lésion cérébrale dépend non seulement de la gravité de la
lésion, mais aussi de la zone du cerveau touchée. De plus,
une diminution de l'apport en oxygène, la présence de caillots
sanguins, les forces de déchirement et de cisaillement sur
les neurones, ainsi que
le gonflement et la contusion des tissus cérébraux jouent
tous un rôle dans la détermination de l'étendue de la lésion. |
| Mythe: |
Une lésion cérébrale guérit avec le temps
et une bonne récupération physique indique que le cerveau
est complètement guéri. |
|
Fait: |
Une fois que le noyau (corps
cellulaire) d'un neurone est endommagé, le neurone meurt et
aucun nouveau neurone ne prend sa place. Les dommages causés
au cerveau
sont permanents. Il est tout à fait possible qu'une personne
atteinte d'une lésion cérébrale grave n'ait aucun signe physique
extérieur de handicap. Les aptitudes cognitives comme la mémoire,
la pensée abstraite, l'attention et le jugement peuvent toutes
être gravement affectées de façon permanente en l'absence
de lésions physiques. |
| Mythe: |
Un enfant jeune récupère mieux des suites
d'une lésion cérébrale qu'un étudiant plus âgé. |
|
Fait: |
Bien que le cerveau
d'un jeune enfant ait plus de plasticité
et que les autres neurones
aient une plus grande capacité à assumer d'autres fonctions,
le cerveau est globalement moins développé et l'enfant a moins
de connaissances antérieures (y compris des expériences de
la vie et des aptitudes) pour que cela l'aide à s'ajuster
aux conséquences associées à une lésion cérébrale. |
|
 |
| |
- Dans les classes de l’Ontario, on estime la présence d’environ
27 000 élèves atteints d’une lésion cérébrale.
- Deux fois plus de garçons que de filles sont atteints
d’une lésion cérébrale.
- La majorité des cas de lésion cérébrale acquise chez
les nouveaux-nés sont le résultat d’un mauvais traitement.
- La majorité des cas de lésion cérébrale acquise chez
les enfants sont le résultat d’une chute.
- En général, les adolescents ont plus de risque d’être
atteints d’une lésion cérébrale que n’importe quelle personne
d’un autre groupe d’âge.
|
|
2.2 - Causes d’une lésion cérébrale
acquise
On appelle lésion
cérébrale acquise (LCA), tout type de blessure soudaine qui
entraîne des dommages temporaires ou permanents au cerveau.
Les lésions cérébrales peuvent être divisées en deux catégories
:
- Traumatiques:
résultant d’une force extérieure appliquée sur la tête/le cerveau
(par exemple, un dommage associé à un certain type de traumatisme
à la tête comme une commotion, une chute ou une collision automobile
appelé lésion cérébrale traumatique)
- Non
traumatiques: résultant d’une source interne qui
inflige une lésion au cerveau
(par exemple, l’anoxie (quasi-noyade), la toxicité, une infection
ou un accident
vasculaire cérébral (AVC).
Le tableau suivant montre des exemples des causes les plus courantes
de lésion
cérébrale acquise.
| Cause |
Exemple |
| Traumatique |
| Coup sur la tête |
- Accidents automobiles
- Attaque avec un objet
- Syndrome du nourrisson secoué |
| Chute ou culbute |
- Chute de vélo, d'un arbre,
d'un équipement d'escalade ou d'un meuble
- Blessure liée au sport |
| Non
traumatique |
| Lésion anoxique (manque d'apport
en oxygène au cerveau) |
- Quasi-noyade
- Suffocation
- É tranglement |
| Lésions vasculaires (interruption
de l'apport sanguin au cerveau) |
- Accident
vasculaire cérébral (vaisseaux sanguins bloqués au niveau
du cerveau)
- Anévrisme (rupture
d'un vaisseau sanguin dans le cerveau) |
| Inhalation ou ingestion de
substances toxiques |
- Inhalation de vapeurs de
colle, de peinture ou de monoxyde de carbone
- Utilisation de drogues |
| Maladies infectieuses |
- Méningite
- Encéphalite |
|
Souvenez-vous
– Qu’il
s’agisse d’un
traumatisme crânien
ouvert ou fermé, l’un
et l’autre peuvent
entraîner un dommage
neural permanent et
irréparable. |
|
2.3 - Traumatisme
cérébral
Les lésions
cérébrales traumatiques (LCT) peuvent également être divisées
en deux catégories principales : ouvertes
ou fermées.
En sachant si une personne a eu une blessure ouverte ou fermée,
il est possible de faire certaines prédictions sur la gravité
de cette dernière ainsi que sur les répercussions et les déficits.
| |
- Il y a pénétration à l'intérieur du
crâne.
- Le tissu cérébral est alors exposé à l'environnement extérieur.
- Dès le départ, la personne risque de perdre une grande quantité
de sang et de développer une infection.
- En général, le dommage est de nature focale (localisée),
ce qui permet de prédire et d'identifier plus facilement les
déficits. |
| |
- Le crâne reste intact.
- Le tissu cérébral est secoué à l'intérieur du crâne.
- Le cerveau est contusionné
et enfle ( Œdème), les vaisseaux
sanguins se rompent et entraînent un amas de sang (hématome);
ces deux phénomènes provoquent encore davantage de dommages.
- Bien qu'au début il se peut qu'il n'y ait qu'un seul point
d'impact, le dommage est de nature globale (non localisée)
et touche de nombreuses zones du cerveau. |
Le mécanisme d’un traumatisme crânien ouvert
est assez simple. Une lésion ouverte au cerveau,
vraisemblablement due à la pénétration d’une balle ou d’un couteau,
provoque des dommages directs au tissu. Le mécanisme d’un traumatisme
crânien fermé est un peu plus compliqué. Lorsqu’on reçoit
un coup sur la tête, le cerveau est secoué à l’intérieur du crâne.
Si le coup est très violent, le cerveau peut «se cogner» contre
la paroi interne du crâne, ce qui résulte en ce qu’on appelle
une lésion due à un «coup». Cela
peut entraîner l’apparition d’une contusion ou d’une ecchymose
au point initial de l’impact. Le cerveau peut alors rebondir sur
l’autre côté du crâne. Cela provoquera alors une autre contusion
du côté opposé du cerveau; on appelle ce phénomène une lésion
de «contrecoup». Selon la
puissance du coup initial reçu à la tête, cet effet de rebondissement
sur le cerveau peut se produire plusieurs fois. Lors de chaque
mouvement de va-et-vient dû au rebondissement, le cerveau frotte
plusieurs fois contre les contours osseux et rugueux du crâne
entraînant un saignement et davantage de dommages tissulaires.

|
| Des
dommages continuent à se produire après l’impact initial |
|
Facteurs secondaires
En plus des lésions localisées plus importantes subies lors du
coup et du contrecoup,
les mouvements soudains et les arrêts brusques de la tête et du
cerveau (qu’on appelle parfois
forces d’accélération et de décélération), ainsi que les mouvements
rotatifs et de cisaillage provoqués alors que le cerveau tourne
sur luimême au niveau du tronc
cérébral, a généralement pour résultat d’entraîner un modèle
diffus (étalé) de dommages aux neurones
et aux vaisseaux sanguins.
Le cerveau est alimenté en sang
par l’intermédiaire d’un vaste réseau d’artères et de vaisseaux
sanguins. Lorsque le cerveau a subi un impact, de nombreux vaisseaux
sanguins peuvent se rompre. Cela provoque un saignement excessif
qui entraîne la formation d’hématomes ou d’amas de sang sur le
cerveau ou à l’intérieur de ce dernier.
Le tissu cérébral est similaire à d’autres tissus du corps, à
savoir que les tissus endommagés causent un gonflement et de l’
Œdème. Malheureusement, comme le cerveau
est enfermé à l’intérieur de la boîte crânienne, il y a très peu
de place pour que le tissu puisse gonfler. Par conséquent, le
tissu cérébral gonflé est écrasé ou comprimé contre la paroi interne
du crâne, ce qui provoque des dommages et un arrêt de l’approvisionnement
local en sang. Sans un approvisionnement sanguin, les neurones,
qui se trouvent dans le tissu gonflé, peuvent mourir.
Déconnexion des voies nerveuses
Le cerveau est un réseau interconnecté
de neurones qui communiquent
les uns avec les autres. Les neurones se passent les informations
les uns aux autres, aussi bien du point de vue électrique que
chimique, le long des fragiles fibres
axonales. En fait, les neurones ne se touchent pas; il suffit
donc qu’ils soient déviés de leur alignement pour que cela provoque
un dérèglement du transfert des signaux. C’est leur activité qui
fait vivre les neurones et leur survie en dépend. Si un groupe
de neurones est endommagé et meurt, alors les neurones avec lesquels
ils communiquaient antérieurement ne recevront plus d’information.
Une fois que ces neurones ne reçoivent plus d’information en provenance
des neurones endommagés, ils peuvent devenir inactifs et mourir
à leur tour.

2.4 - Lésions légères, modérées et graves
Les professionnels ont divisé les LCA en trois catégories standard
pour aider à décrire la gravité de la lésion. Ces trois catégories
sont les suivantes : légère, modérée et grave. Ces catégories
sont principalement déterminées par le degré de changement du
niveau de conscience de l’individu et l’étendue de l’amnésie
post-traumatique (APT).
|
| Malgré ces définitions,
il est important de réaliser que toute lésion cérébrale peut
affecter la façon dont une personne vit, apprend et interagit
avec les autres. |
|
Il est important de noter qu’il n’est pas nécessaire qu’une personne
perde connaissance pour qu’il y ait lésion cérébrale.
De plus, il est important de savoir que le niveau de gravité
n’est pas un facteur complètement sûr de prédiction des effets.
|
|
Le tableau suivant indique certains des symptômes
des trois catégories de LCA.
Symptômes d'une
lésion cérébrale légère (un ou plusieurs des éléments suivants)
: |
Symptômes d'une lésion cérébrale
modérée (un ou plusieurs des éléments suivants) : |
Symptômes d'une lésion cérébrale
grave (un ou plusieurs des éléments suivants) : |
| - Altération de l'état
de conscience au début
- En général, bonne récupération physique
- Peut obtenir des résultats négatifs au tomodensitogramme
ou à l'IRM
- Maux de tête fréquents
- Un certain niveau de mauvaise coordination motrice
- Durée limitée d'attention et de concentration
- Dérèglement de la mémorisation
- Ralentissement de la vitesse de traitement des informations
- Problèmes de mémoire de "travail" (pensée connectée consciente)
- Inaptitude liée à l'organisation
- Aptitude à communiquer irrégulière, y compris difficulté
à trouver les mots et incompétence pragmatique
- Jugement et interactions sociales inappropriés
|
- Perte de connaissance
- Des convulsions peuvent survenir
- Maux de tête fréquents
- Difficultés de coordination motrice
- Durée limitée d'attention, de concentration et aptitude
limitée quand il s'agit de s'occuper des multiples aspects
de l'environnement
- Difficultés à retrouver la mémoire et le codage
- Ralentissement de la vitesse de traitement des informations
- Problèmes liés à la mémoire de "travail" (pensée connectée
consciente)
- Inaptitude liée à l'organisation
- Aptitude à communiquer irrégulière, y compris difficulté
à trouver les mots et incompétence pragmatique
- Comportement social inapproprié
- Complications sensorielles centrales
- Mauvais transfert des informations entre les modalités
- Généralisation limitée des informations ou des aptitudes
apprises
- Comportement fondé sur le contexte de la pensée
concrète, de la pensée et du raisonnement inflexibles
|
- Coma/perte de connaissance
dépassant 24 heures
- S'accompagne souvent de blessures physiques multiples
- Préoccupation fréquente à propos des convulsions
- Maux de tête fréquents
- Diminution de l'aptitude ou inaptitude à contrôler les
mouvements spontanés
- Durée limitée d'attention, de concentration ou aptitude
irrégulière à répondre à une stimulation
- Aptitude limitée ou inaptitude à avaler de façon spontanée
- Baisse du niveau de conscience
- Ralentissement de la vitesse de traitement des informations
- Diminution de l'aptitude ou inaptitude à communiquer
- Comportement social inapproprié
|
Remarque
: 10 % de toutes les personnes atteintes d'une lésion cérébrale
légère ont des problèmes dans leur vie quotidienne et des
problèmes d'apprentissage jusqu'à la fin de leur vie. |
Remarque
: 33 % de toutes les personnes atteintes d'une lésion cérébrale
modérée ont des problèmes dans leur vie quotidienne et des
problèmes d'apprentissage jusqu'à la fin de leur vie. |
Remarque
: 90 % de toutes les personnes atteintes d'une lésion cérébrale
grave ont des problèmes dans leur vie quotidienne et des problèmes
d'apprentissage jusqu'à la fin de leur vie. |
2.5 - Lésion survenant à un stade
particulier du développement de l’enfant
|
| De plus, les
aptitudes et les compétences acquises avant la survenue de
la lésion peuvent masquer d’autres inaptitudes fonctionnelles
actuelles et, par conséquent, l’impact de la lésion ne sera
pas remarqué. |
|
- Le processus de développement de l’enfant et du cerveau comprend
la maturation des systèmes psychologique et neurologique à l’intérieur
du cerveau, et si la structure
cérébrale est soudainement endommagée, le processus naturel
de développement est interrompu.
- Comme certaines aptitudes et le niveau de maturation dépendent
des étapes du développement, l’impact que la LCA a sur un individu
donné varie selon l’âge
chronologique. Il y a cinq périodes de maturation de pointe
au cours du développement de l’enfant : de 1 à 6 ans, de 7 à
10 ans, de 11 à 13 ans, de 14 à 17 ans et de 18 à 21 ans.
- Souvent chez les enfants, on s’aperçoit que les aptitudes
acquises avant la survenue de la lésion restent. Cependant,
la capacité d’acquérir de nouvelles aptitudes peut être entravée,
et la lésion peut même parfois arrêter les enfants à un certain
stade de développement.
- Les déficits qui sont le résultat d’une lésion survenant
à un âge précoce peuvent ne faire surface que lorsque l’élève
est beaucoup plus âgé et à un âge de développement où ces aptitudes
lui sont nécessaires, (par exemple, un élève ayant subi une
lésion au lobe frontal
à l’âge de 5 ans peut ne pas avoir de déficit évident jusqu’à
l’âge de 12 ans ou plus, lorsque des aptitudes cognitives plus
sophistiquées comme la résolution de problème, le jugement et
la capacité d’organisation et d’établissement de priorités devient
nécessaire).
Conséquences possibles des LCA - Perspective de développement
| Âge en
années |
Développement normal
prévu |
Conséquences possibles
qui peuvent survenir après une LCA |
| 0 à 2 |
Comportemental
- Avance du stade où il oublie les objets une fois
qu'il ne les voit plus, au stade où il cherche activement
l'objet, puis à celui où il s'en souvient et enfin au
stade où il cherche systématiquement l'objet là où il
était avant.
- Utilise seulement au départ la préhension réflexive
et passe à l'étape où il est capable de manipuler un
crayon pour gribouiller avec ardeur.
- Développe un vocabulaire de base et une structure
de phrase rudimentaire.
Neurologique
- Les cellules radiales guident la formation des connections
neuronales. Il y a une augmentation du taux de reclassement
et d'élimination des neurones
(parsage)..
|
- Le manque de classement neuronal peut entraîner un
dérèglement de toutes les phases de développement, y
compris de type moteur/physique, émotionnel, social
et de communication.
- Mauvaise coordination des membres en ce qui a trait
au contrôle moteur global.
- Manque de précision en ce qui concerne les aptitudes
motrices fines, comme les manipulations.
- Limites du langage dans son versant réceptif
|
Remarque : Aucune des «conséquences possibles»
mentionnées ci-dessus n’est en soi une indication fiable de
LCA.
| Âge en
années |
Développement normal
prévu |
Conséquences possibles
qui peuvent survenir après une LCA |
| 3 à 5 |
Comportemental
- Formation des interactions sociales de base appropriées
(par exemple, savoir partager et jouer avec les autres).
- Formation de l'expression orale du langage.
- Apprentissage des aspects de base des soins personnels
(par exemple, se laver et s'habiller).
- Contrôle de certaines expressions émotionnelles et
comportementales.
- Se sépare sans problème de ses parents pendant de
courtes périodes de temps et est capable d'être productif.
- La pensée pré-opérationnelle et les aptitudes en
résolution de problème commencent à apparaître dans
les relations et la compréhension de cause à effet.
Neurologique
- Phase d'expansion rapide des connexions entre les
neurones, (par exemple,
les aptitudes d'apprentissage sont accélérées).
|
- L'enfant peut ne pas savoir jouer avec les autres
et rester très concentré sur lui-même.
- L'expression orale du langage peut rester très limitée.
- Il peut avoir de la difficulté à comprendre les relations
de cause à effet.
- Peut avoir des "colères" à propos d'incidents mineurs
et, avec le temps, peut ne pas sembler apprendre à gérer
ses émotions.
- Peut présenter une anxiété extrême de séparation
lorsqu'il est loin de ses parents.
- Les aptitudes d'apprentissage à long terme peuvent
être détériorées après une LCA, puisque le cerveau
n'a pas acquis les stratégies compensatoires appropriées.
|
Remarque : Aucune des «conséquences possibles»
mentionnées ci-dessus n’est en soi une indication fiable de
LCA.
| Âge en
années |
Développement normal
prévu |
Conséquences possibles
qui peuvent survenir après une LCA |
| 6 à 9 ans |
Comportemental
- Début de la prise de conscience de soi et réalisation
de l'impact de ses actions sur les autres.
- Développement des opérations concrètes (par exemple,
prise de conscience des caractéristiques oculo-spatiales
de l'environnement, utilisation d'une approche empirique
pour découvrir les liens entre les objets et les gens).
Neurologique
- La plus grande partie du développement
neurologique est complet à l'exception des zones
frontale, hippocampique et de certaines parties temporales
|
- Une des périodes les moins dévastatrices où une lésion
peut survenir, si on considère l'évolution à long terme
du pronostic, étant donné que la plupart de l'apprentissage
du langage a eu lieu, ainsi que certaines aptitudes
de base dans des domaines académiques essentiels et
dans le domaine social et émotionnel.
- Les difficultés du contrôle pulsionnel peuvent se
présenter sous forme d'inattention et de déficit de
l'attention ou encore d'hyperactivité, à savoir ne pas
pouvoir inhiber un mouvement ou des interactions.
- Les difficultés de gestion du comportement font qu'on
considère l'enfant comme étant "en difficulté".
- Le fait de mal interpréter la relation à l'objet
(par exemple, peut sauver le monde du point de vue expérimental),
devient par conséquent très frustrant et donne un résultat
qu'il n'avait pas "prévu".
- Cela peut donner un enfant qui en grandissant semble
paresseux, non motivé, détaché, réfractaire et sans
sens de "l'initiative".
- Le manque d'empathie, dû à l'absence d'autres solutions
possibles, le ramène à une perspective égocentrée
- Inaptitude à répondre de façon appropriée aux changements
de comportement et aux conséquences de ses actes, en
raison d'une diminution de compréhension et de perception
de la relation de cause à effet
- Inaptitude à comprendre et à formuler un autre point
de vue.
- Dissociation de la compréhension morale
|
Remarque : Aucune des «conséquences possibles»
mentionnées ci-dessus n’est en soi une indication fiable de
LCA.
| Âge en
années |
Développement normal
prévu |
Conséquences possibles
qui peuvent survenir après une LCA |
| 10 à 15 ans |
Comportemental
- Début de l'apprentissage des interactions sociales
appropriées avec les pairs du sexe opposé.
- Plus d'emphase et d'attentes en ce qui concerne l'utilisation
des fonctions cognitives directrices (par exemple, mémoire,
résolution de problème, classement par séquences et
jugement).
- Travailler de façon constructive avec les autres,
en groupe, et avec peu de supervision.
Neurologique
- Apparition de l'influence hormonale sur le cerveau.
- Optimisation de la connexion entre les deux hémisphères
cérébraux .
- L'augmentation des interconnexions neuronales complexes
facilite l'apprentissage dans les domaines comme la
lecture, l'orthographe, l'écriture, les mathématiques
et le raisonnement.
- Le développement des zones hippocampiques et temporales
arrive à maturité vers la fin de ce stade.
|
- Difficultés dans les interactions sociales avec les
pairs .
- L'élève a des difficultés avec la gestion du temps,
l'attention, le jugement, la mise au point ou la vitesse
de traitement des données.
- Faible estime de soi.
- Ne travaille pas de façon constructive avec les autres,
ni lorsqu'il existe peu de structure.
- Peu de maîtrise de soi.
- Mauvaise mémoire, avec peu de souvenirs des évènements
survenus après la lésion et des évènements récents.
- Interruption des aptitudes pragmatiques.
|
Remarque : Aucune des «conséquences possibles»
mentionnées ci-dessus n’est en soi une indication fiable de
LCA.
| Âge en
années |
Développement normal
prévu |
Conséquences possibles
qui peuvent survenir après une LCA |
| 16 à 25 ans |
Comportemental
- Phase de jeune adulte de l'adolescence et application
de la pensée cognitive formelle (par exemple, prise
en considération de multiples variables ayant une influence
sur les prévisions et les résultats).
- Amélioration de la souplesse de la pensée cognitive
(par exemple, être capable de changer et de tester les
hypothèses rapidement et efficacement en se fondant
sur la réaction de l'environnement).
- Plus de sophistication en ce qui concerne l'adaptation
à d'autres perspectives et la prévision de celles-ci
(par exemple, la façon dont les choses touchent les
autres, comment les autres apprennent, la façon dont
d'autres résultats peuvent survenir et comment les autres
réagissent par rapport à ces résultats).
- Se fient et s'identifient davantage à ses pairs en
ce qui a trait aux choix sociaux, au jugement et à l'établissement
de modèles de comportement; augmentation des interactions
sociales et des contacts; plus grande indépendance par
rapport à l'appui et au jugement de la famille.
- Mise en relief des relations et de l'apprentissage
socio-personnels (par exemple, sexualité, intimité).
Neurologique
- Le développement du lobe
frontal est terminé.
- L'achèvement de la myélinisation
neuronale (par exemple, isolation des axones
neuronaux) survient, ce qui a pour effet d'améliorer
l'efficacité et la communication au sein des systèmes
neuronaux..
|
- Manque d'intérêt apparent, attitude léthargique et
manque de motivation.
- Maladresse et attitude sociopersonnelle inappropriée.
- Inaptitude à inhiber les pulsions pour permettre
la concentration dans les études, par rapport aux priorités
sociales .
- Persévération de la pensée,
(par exemple, être "bloqué" sur un sujet particulier,
une idée particulière ou un problème particulier).
- Manque d'attention envers les détails, désintéressement
ou non détection des objets, des articles, des faits
ou des variables qui sont pertinents dans la prise de
décision ou d'action.
- Contrôle émotionnel limité, peut paraître déprimé,
fâché et volatil.
- Manque d'intuition, jugement social et prise de décision
limités.
- Dérèglement du sens de l'organisation (par exemple,
planification, classement par séquences, prévisions,
anticipation) et d'autres fonctions "directrices".
- Troubles d'une zone spécifique du cerveau
(par exemple, lésion pariétale - dérèglement spatial,
lésion temporale - dérèglement du langage, lésion occipitale
- dérèglement visuel).
|
Remarque : Aucune des «conséquences possibles»
mentionnées ci-dessus n’est en soi une indication fiable de
LCA.
Difficultés de diagnostic
En général, le diagnostic de LCA est posé par le médecin traitant
du service d’urgence de l’hôpital ou par le médecin de famille.
Cependant, parmi d’autres lésions (physiques ou qui mettent la
vie en danger), un traumatisme crânien peut facilement passer
inaperçu. De plus, des lésions cérébrales plus petites ou plus
légères peuvent échapper à l’examen
neurologique de base et même aux scintigrammes médicaux à
grande échelle (tomographie ou IRM).
De nombreux élèves ayant subi une légère lésion cérébrale reviennent
à l’école sans diagnostic et sans suivi appropriés. Et pire encore,
dans certains cas, la famille peut, pour toutes sortes de raisons,
omettre d’informer l’école à propos de la LCA de leur enfant.
Même si elle prévient l’enseignant, il n’est aucunement obligatoire
d’inscrire ce renseignement dans le dossier scolaire permanent.
Dans les situations où l’élève semble récupérer complètement des
symptômes de LCA et de ses lésions physiques, la LCA est souvent
totalement oubliée aussi bien par l’élève que par ses parents.
Les déficits entraînés par une LCA peuvent se manifester plusieurs
années après la survenue de l’accident, alors que l’élève atteint
un stade de développement qui requiert de nouvelles demandes cognitives
de sa part.
2.6 - Rétablissement et conséquences à long terme
La complexité sans pareille du cerveau
rend la tâche très difficile lorsqu’il faut juger de l’étendue
de la lésion cérébrale et déterminer le pronostic de rétablissement.
De nombreux facteurs ont une influence sur le processus de rétablissement
:
|
| Les élèves atteints
d’une LCA ont le potentiel d’apprendre et de bénéficier de leurs
réussites. Ils ont toujours la possibilité de voir leur état
s’améliorer davantage, même lorsqu’ils semblent avoir atteint
un plateau. |
|
- Caractéristiques de la lésion – La gravité
et l’étendue du dommage, les zones spécifiques du cerveau
qui sont lésées et la nature de la lésion (focale
ou diffuse) jouent toutes
un rôle en ce qui concerne l’avenir de l’élève.
- Rétablissement physique du cerveau – Suite
à une LCA, il existe un certain degré de rétablissement physique
spontané. Le gonflement diminue, la circulation sanguine se
rétablit et, puisqu’une certaine réorganisation des réseaux
neuronaux est possible, le cerveau
peut compenser certaines des fonctions détériorées..
- Cas individuel – Les caractéristiques de
l’élève, y compris son âge et son stade de développement au
moment de la survenue de la lésion, les traits de sa personnalité,
les aptitudes et les connaissances acquises auparavant, ses
antécédents d’apprentissage ou de difficultés de développement
et l’organisation spécifique de son cerveau
peuvent tous avoir un effet positif ou négatif sur son rétablissement.
- L’environnement – Une famille et des amis
bien informés et coopératifs et, par la même occasion, une école
et une communauté qui font de même, ainsi qu’un accès rapide
à des soins médicaux de qualité et une rééducation adaptée spécialement
aux besoins individuels de l’élève sont des facteurs critiques
qui permettent à l’élève d’atteindre son plein potentiel en
ce qui a trait à son rétablissement.
|
Aucun traumatisme
crânien n’est trop grave pour entraîner le désespoir, ni trop
futile pour être ignoré.
Traduction libre
— Hippocrates
(400 avant J.-C.)
|
|
La vitesse et l’étendue du rétablissement varient d’une personne
à l’autre. La plus grande partie du rétablissement et de l’amélioration
des différentes fonctions survient en général au cours des deux
années suivant l’accident, et d’habitude, aucun pronostic à long
terme n’est établi avant ce moment là. La plus grande partie du
rétablissement physique spontané du cerveau
se produit en général au cours de l’année qui suit l’accident
et en général les gains se font plus lentement après ce moment-là.
De plus, certaines conséquences d’une LCA peuvent ne pas être
remarquées avant que l’enfant n’ait atteint un autre stade de
développement, dû au fait que la partie lésée du cerveau
n’a pas encore été utilisée à grande échelle. Plus l’enfant est
jeune au moment de la survenue de la lésion, plus l’effet sur
les nouveaux apprentissages, sur le développement et sur les résultats
à long terme sera important.
Chapitre 1 - Chapitre
3
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