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- Il est essentiel qu’une personne coordonne les efforts de l’équipe
- On trouvera toutes sortes de niveaux de connaissances parmi les parents et les professionnels
- Chaque étape de rétablissement et de rééducation nécessitera le concours de différents membres de l’équipe
- Le processus sera plus complexe en raison de la possibilité de traiter avec différents ministères (santé), ainsi qu’avec différents organismes privés (assurance)
Une évaluation efficace comprend toute une gamme de sources visant à établir une image complète des capacités d’un élève. C’est seulement lorsqu’ils examinent de près cette image complète que les membres d’une équipe peuvent commencer à préparer un programme efficace pour les élèves atteints de LCA.
Les informations sur lesquelles on se base pour effectuer une évaluation doivent provenir de différentes sources, y compris :
- des parents
- des enseignants
- du personnel médical
- d’autres professionnels
- et, lorsque cela est approprié, des élèves eux-mêmes
Les informations recueillies à partir d’une seule source ne permettront de comprendre qu’une partie de la nature des capacités de l’élève et seront, par conséquent, inefficaces en ce qui a trait à l’établissement d’un programme.
Importance des observations de l’enseignant
En général, dans le domaine de l’éducation spécialisée, et particulièrement dans le cas des LCA où la terminologie et les sous-entendus médicaux visent plutôt à intimider, il se peut qu’il y ait une confiance excessive dans les mesures d’évaluation standards. C’est en raison de la complexité de cette condition que des choses qui paraissent aussi simples que «les observations de l’enseignant» peuvent sembler non importantes dans l’ensemble du processus d’évaluation. Rien ne pourrait être aussi éloigné de la vérité.
Les enseignants qui se trouvent en première ligne ont une occasion unique d’observer les élèves sur une période de temps prolongée, aussi bien en tant qu’individus qu’au sein d’un groupe. Dans le cas des LCA, selon toute vraisemblance, un enseignant est sans doute la meilleure source d’informations en ce qui concerne le rendement obtenu avant le traumatisme et est donc capable de faire des comparaisons. En travaillant en collaboration avec l’équipe interne de l’école et les parents, on peut recueillir d’importantes données qui peuvent permettre de préparer un programme efficace, et ce, uniquement grâce aux observations de tous.
Conseils pour faire de bonnes observations
- Prenez en note
- Observez toutes sortes de situations (travail indépendant et au sein d’un groupe)
- Regardez tous les domaines
- N’oubliez pas les aspects sociaux de l’éducation
- Faites attention au moment (l’élève est-il plus fatigué le matin?)
- Soyez conscient de toute partialité que vous pourriez avoir dans vos observations
- Prenez l’avis des autres
Pourquoi une évaluation neurologique est-elle nécessaire?
Les informations neuropsychologiques, obtenues à l’aide d’évaluations officielles de type standardisé, peuvent être extrêmement utiles lors de la préparation d’un programme efficace, seulement si elles sont associées à d’autres informations fournies par les enseignants. Les informations fournies par les enseignants peuvent comprendre des données d’observation, des échantillons de travail de l’élève, des informations sur son rendement avant le traumatisme, ainsi que des informations sur la structure de la classe et sur les possibilités d’un milieu d’apprentissage particulier et de personnel spécialisé. Aucune information n’est utile seule. Si, par exemple, une évaluation montre que la mémoire auditive est gravement endommagée, alors le travail d’équipe peut établir tout d’abord si cette information est compatible avec les observations des enseignants concernés, et deuxièmement, comment répondre le mieux aux besoins d’apprentissage de l’élève étant donné les contraintes du milieu scolaire.
Une lésion cérébrale peut avoir un effet négatif sur le rendement d’un élève, pour toute une gamme de fonctions. Comme le cerveau a plusieurs zones, le lieu de la lésion est une donnée très importante en ce qui concerne la façon dont cela modifie son fonctionnement. Les évaluations cognitives et neuropsychologiques peuvent aider à distinguer les zones de déficit qui peuvent avoir un effet négatif sur le rendement et par conséquent procurer des informations importantes pour l’établissement d’un programme.
Bien que les tests conventionnels de rendement et d’intelligence jouent un rôle dans l’évaluation d’un élève atteint de LCA, il faut se souvenir, qu’en gros, ils mesureront l’apprentissage acquis avant le traumatisme et non pas l’aptitude à apprendre après le traumatisme. Par conséquent, il est extrêmement important d’utiliser des tests spécialisés pour mesurer la fonction cognitive particulière actuelle.
Pourquoi est-il important de faire une évaluation neurologique?
Chez les élèves atteints d’une LCA, le fait d’utiliser une évaluation qui se concentre seulement sur un examen de leurs réalisations scolaires et sociales par rapport à leurs pairs ou aux attentes du curriculum, ne donnera pas les informations requises pour la préparation d’un programme efficace. Pour ces élèves, les évaluations doivent être centrées sur leur fonctionnement cognitif actuel (mémoire, aptitude à résoudre les problèmes, prise de conscience spatiale, etc.) en ce qui a trait aux situations scolaires et sociales. Lorsqu’une évaluation ne tient pas compte de «la façon dont l’élève pense», on peut observer un déclin continu du rendement de l’élève après le traumatisme. Ce déclin peut sembler être la continuation de l’effet du traumatisme de l’élève, alors qu’en réalité, la continuation du déclin est présente chez un très petit pourcentage de personnes ayant subi une LCA. Il est bien plus vraisemblable qu’un élève atteint de LCA, qui n’arrive pas à apprendre, vive cette situation en raison d’un décalage entre différents facteurs, comme le milieu d’apprentissage, le rythme d’enseignement, la façon d’enseigner et les limites cognitives sous-jacentes et les forces de l’élève. Par exemple, un enfant qui a cause de sa lésion a besoin de voir le nouveau matériel de façon visuelle, n’arrivera pas à apprendre dans une classe qui utilise beaucoup l’enseignement par voie auditive.
Le fait de comprendre que certaines aptitudes cognitives (par exemple, flexibilité du changement d’attention, organisation, modalité d’apprentissage, rapidité de traitement) ont été endommagées ou diminuées, peut aider l’enseignant à préparer un programme qui permettra à l’élève d’éviter la frustration de l’école et d’apprendre plus efficacement. Lorsqu’on a pris conscience des forces cognitives, le programme peut être ajusté pour répondre aux besoins des élèves atteints de LCA. Des arrangements aussi simples que de fournir des informations en fonction de la force de modalité de l’élève (par exemple, auditive), de procurer à l’élève une organisation progressive et explicite pour effectuer une tâche et de ralentir, peuvent avoir un effet extraordinaire sur l’aptitude de l’élève à apprendre de nouvelles choses avec succès.
Qui met en place l’évaluation neurologique?
Une évaluation neurologique peut être demandée par un médecin, une compagnie d’assurance, un avocat ou un agent de gestion de cas d’un centre de rééducation. Si aucune évaluation n’a été faite lors du retour à l’école, il est possible, qu’au sein de l’école, l’enseignant en éducation spécialisée organise le passage de tests en communiquant avec le personnel en éducation spécialisée du conseil scolaire. Souvent, seulement une portion des tests nécessaires peut être effectuée au niveau de l’école.
Dans de nombreux cas, les tests comme ceux qui mesurent le fonctionnement intellectuel en terme de QI, ainsi que les évaluations de réalisations, peuvent être administrés par le personnel du conseil scolaire. Lorsqu’il est nécessaire de faire passer des tests plus sophistiqués, alors la présence d’un neuropsychologue est requise.
| L’évaluation d’un élève atteint de LCA doit principalement être centrée sur la façon dont un élève pense plutôt que sur ce qu’il sait. |
Quand procède-t-on à une évaluation neurologique?
Dans les cas de LCA, il se peut que l’on n’ait aucune information antérieure, mis à part celles que l’on acquiert normalement au cours de la scolarité d’un élève. En général, au fur et à mesure de la scolarité d’un élève, on accumule des exemplaires de bulletins scolaires, d’évaluations administrées en groupe et de vérifications au niveau préprimaire. Bien que ce type d’informations soit utile pour établir une image complète du fonctionnement passé de l’élève, il faut noter que l’aptitude d’un élève à acquérir, à retenir et à utiliser un nouvel apprentissage peut être fortement endommagée en raison du traumatisme crânien.
Dans le cas d’un élève ayant subi une LCA, on recommande de ne pas faire d’évaluation immédiatement après le traumatisme. Souvent, les complications physiques, et une période de rétablissement rapide, peuvent rendre les résultats de l’évaluation non fiables. L’élève peut aussi être agité, fatigué et confus, à ce moment-là. C’est seulement lorsque l’état de l’élève s’est stabilisé et que celui-ci est capable de se concentrer pendant un certain laps de temps que l’on recommande de faire une évaluation. Cela survient environ au bout de six mois. Comme le rétablissement peut prendre jusqu’à deux ans, il est essentiel que les évaluations de suivi aient lieu à intervalles réguliers pour mettre au point et adapter l’enseignement pour répondre aux besoins changeants de l’élève.
Type de tests utilisés pour les évaluations neuropsychologiques
En plus des outils conventionnels d’administration de tests, comme la vérification du QI (par exemple, le WISCIII) et des tests de réussite scolaire (par exemple, le WIAT), les évaluations des élèves atteints de LCA comprennent très probablement des tests :
- individuels d’aptitudes cognitives, comme la mémoire (CMS)
- d’apprentissage verbal (CVLT-C)
- d’aptitude à l’action/d’organisation et à la planification (CCT)
- de la fonction de développement neuropsychologique générale (par exemple, l’attention visuelle, la planification, la résolution de problème, le traitement phonologique, la rapidité de traitement, la compréhension, la précision visiomotrice et la mémoire auditive (NEPSY)
(Consulter l’annexe 9-2 pour obtenir des informations sur les tests spécifiques.)
Qui est responsable d’évaluer un élève atteint d’une LCA?
Lorsqu’un élève retourne à l’école après avoir subi une LCA, en partant du principe que l’enfant n’est pas déjà identifié comme étant en difficulté pour une autre raison, il se peut qu’il soit soumis à peu de tests, en dehors de ceux que l’on fait d’habitude passer aux élèves lors d’une année d’étude particulière.
Les tests psychologiques, comme la détermination d’une cote de QI, ainsi que d’autres types d’examens du fonctionnement cognitif, sont administrés par un psychologue.
Une bonne évaluation neuropsychologique doit clairement définir les forces et les faiblesses cognitives d’un élève. En utilisant ces informations et en les associant aux observations continues des enseignants, le personnel en éducation spécialisée, en collaboration avec le neuropsychologue (et peut-être aussi du personnel en éducation spécialisée d’un centre de rééducation pour LCA), pourra élaborer et mettre en place des stratégies de programme efficaces. On doit s’attendre à ce que l’élaboration de stratégies d’apprentissage efficaces nécessite une observation continue des succès de l’élève et entraîne les modifications requises. Cela est particulièrement vrai chez l’élève atteint d’une LCA, en raison des changements qui surviennent au fur et à mesure de son rétablissement.
Que faire avec les résultats de l’évaluation?
Le but d’une bonne évaluation est de fournir des informations sur le niveau de fonctionnement cognitif actuel de l’enfant. L’évaluation doit procurer un profil clair des forces et des faiblesses de l’élève pour toute une gamme d’aptitudes cognitives. Elle doit également donner des exemples sur la façon dont l’élève se présente avec ses forces et ses faiblesses apparentes dans un contexte d’apprentissage. Avec ces informations, les enseignants doivent être en mesure de créer des stratégies spécifiques et de faire des arrangements en ce qui a trait à leur style d’enseignement et à la façon de livrer la matière, qui amélioreront les aptitudes de l’enfant et appuieront moins sur ses inaptitudes ou les compenseront même.
Qu’est-ce que l’enseignant peut faire pour savoir s’il a vraiment dans sa classe un enfant atteint de LCA?
Vous pouvez penser qu’un de vos élèves a subi une LCA s’il présente un des traits suivants ou plutôt une combinaison de plusieurs d’entre eux :
- Difficultés d’attention : Les élèves ont de la difficulté à maintenir leur attention sur des périodes prolongées; ou ils ne peuvent pas faire deux tâches à la fois (prendre des notes et écouter l’enseignant). Souvent, ils se débrouillent mieux avec le matériel visuel et écrit qu’avec le matériel oral et auditif, puisqu’ils peuvent revoir le matériel écrit quand ils le souhaitent, mais une fois que l’information auditive a été donnée, elle disparaît.
- Ralentissement de la vitesse de traitement : Les élèves sont presque toujours plus lents à absorber les informations et à les traiter; ils répondent également plus lentement (verbalement et physiquement) que leurs camarades.
- Défaillance de la mémoire : Les élèves ont d’importantes difficultés de mémoire et d’apprentissage à long terme quand il s’agit du codage des informations, du stockage de ces dernières pour pouvoir y accéder plus tard et de façon permanente et pour pouvoir les retrouver. Ils réussissent mieux à reconnaître le matériel qu’ils ont vu auparavant qu’à s’en souvenir.
- Fonctions maîtresses : En général, les élèves ont de la difficulté avec les aptitudes qui permettent à chacun d’entre nous de surveiller et de gérer notre base de connaissances (par exemple, organisation des informations, classement des informations par ordre de priorité, planification à l’avance, prévision des résultats, changement de sujets et de pensées, pensée abstraite, émission de sons, jugement éclairé). Ces difficultés deviennent plus évidentes chez les enfants plus âgés, car la demande de ces aptitudes plus perfectionnées devient de plus en plus apparente au fur et à mesure qu’ils avancent dans leur scolarité.
Posez-vous les questions suivantes :
L’élève est-il capable de :
- Se concentrer? Pendant combien de temps?
- Manipuler des informations au niveau mental (par exemple, faire des calculs mathématiques dans sa tête?)
- Faire deux choses à la fois (par exemple, prendre des notes et écouter en même temps les directives?)
- Se concentrer sur les informations visuelles par rapport aux informations verbales?
L’élève est-il :
- Exact, mais lent lorsqu’il s’agit de répondre ou de compléter des choses?
- Exact lorsqu’il n’a pas de contrainte de temps (par exemple, un test à effectuer en temps limité par rapport à un test sans limite de temps?)
L’élève a-t-il :
- De la difficulté à retenir de nouvelles informations?
- La capacité de s’améliorer avec les informations propres au contexte d’apprentissage?
- La possibilité d’augmenter son apprentissage par le biais de la répétition?
L’élève a-t-il :
- Des problèmes à établir des priorités, à organiser et à classer les informations, et ces problèmes sont-ils réglés lorsqu’un plan d’organisation lui est fourni?
- De la difficulté à suivre ses engagements jusqu’au bout?
- De la difficulté à passer de l’approche de la cognition à la pensée, lorsque la tâche ou l’environnement le demande ou lorsque la situation a changé?