Au cours de leur scolarité, année après année, les élèves rencontrent
de nombreux enseignants, mais leurs parents eux sont toujours
là, au fur et à mesure qu’ils avancent. Cela signifie que les
parents peuvent être une source irremplaçable dans le processus
éducatif. C’est particulièrement vrai dans le cas de parents d’enfants
atteints de LCA.
Si la LCA a atteint un tournant décisif critique dans la vie
d’un élève, souvent les parents veulent en apprendre davantage
sur la nature du handicap de leur enfant et deviennent assez calés
sur le sujet des LCA. C’est pour cette raison que les parents
peuvent jouer un rôle inestimable au sein de l’équipe éducative
en procurant :
- Des informations sur la nature de la lésion et les déficiences
physiques, cognitives, émotionnelles et comportementales qui
en résultent.
- Des informations sur les progrès de développement ou le style
d’apprentissage de l’élève avant la lésion.
- Un lien possible avec les professionnels médicaux et de la
rééducation qui peuvent être en mesure d’offrir un point de
vue utile à propos des stratégies qui pourraient fonctionner
ou qui vaudraient la peine d’être envisagées.
- Un lien au cours des périodes de transition, lors du passage
d’une année à l’autre ou d’une école à l’autre.
- Des informations sur la réaction de l’élève envers l’école
lorsque celui-ci n’est pas à l’école. (Un parent qui explique
que son enfant passe 5 heures à faire ses devoirs le soir pour
se garder à niveau avec le travail de la sixième année donne
aux enseignants un signal d’alarme important à l’effet qu’il
est essentiel d’ajuster le curriculum ou les stratégies).
- Des informations à propos des interactions sociales et des
intérêts de l’élève, ainsi que des données sur ce qu’il aime
faire et ne pas faire, etc.
- Un modèle d’attitude positive envers l’école et l’apprentissage.
(Les parents à qui on n’a pas fait sentir qu’ils étaient une
partie importante de l’équipe éducative peuvent donner un modèle
d’attitude négative et la renforcer.)
- Un soutien pour aider l’élève à pratiquer et à développer
davantage les connaissances qu’il a acquises à l’école.
Les parents d’un enfant ayant subi une LCA ont vraisemblablement
vécu une expérience extrêmement traumatisante et, par conséquent,
sont encore plus attentionnés vis-à-vis de leur enfant et le protègent
davantage.
Essayez de vous mettre à la place des parents.
Les parents qui ont vécu la terreur du traumatisme de leur enfant
ont souvent un point de vue très particulier sur leur enfant et
sur l’école. On leur a peut-être dit que leur enfant ne marcherait
sans doute plus jamais et ne parlerait vraisemblablement plus.
On leur a peut-être dit que leur enfant ne survivrait pas ou qu’il
restera dans le coma. S’ils ont vu leur enfant échapper aux pires
des pronostics médicaux, ils ont peut-être l’impression d’avoir
été témoins d’un «miracle». D’ailleurs, dans de nombreux cas,
le miracle n’est survenu que grâce à l’engagement et à la volonté
des parents qui ont continué à travailler et à espérer, quand
les autres avaient perdu l’espoir que l’enfant allait se rétablir.
Ces parents considèrent peut-être que le retard d’apprentissage
et les comportements perturbateurs sont mineurs par rapport à
ce à quoi ils s’attendaient.
Aidez les parents à avoir une vision réaliste du rendement de
leur enfant.
Il est courant de voir des parents qui ont du mal à accepter
la lésion cérébrale de leur enfant, en particulier si les symptômes
physiques ont guéri, puis disparu. Dans de tels cas, les parents
ressentent une frustration extrême et peuvent avoir besoin d’aide
pour comprendre que ce qui est perçu comme étant «un manque d’effort»
ou «un comportement de défi ou perturbateur» est en fait le résultat
de la lésion cérébrale. Les parents qui se trouvent dans cette
situation, ont souvent besoin de l’aide de l’enseignant, du psychologue
scolaire ou d’autres professionnels, pour arriver à avoir une
vue réaliste du rendement de leur enfant.
Donnez aux parents le temps de s’adapter.
S’il a été décidé que l’élève allait recevoir un appui en éducation
spécialisée, il est important de savoir que les parents, ainsi
que l’élève, en sont à leur première expérience d’éducation spécialisée.
Cela peut les inquiéter un peu. En effet, les parents ne sont
pas habitués au jargon et aux procédures des écoles, aspects bien
connus du personnel scolaire. Assurez-vous de prendre le temps
de permettre aux parents d’obtenir les informations à la vitesse
qui leur convient et de s’adapter au changement de perspective
et de plan pour leur enfant.
Réalisez que le rendement d’un élève peut être différent de
ce qu’on pense.
De nombreuses lésions cérébrales passent inaperçues ou sont oubliées
lorsque l’élève semble être rétabli. Plus tard, lorsque l’élève
traverse les différentes étapes de développement et atteint un
âge où il fait face à des défis scolaires de niveau plus élevé,
il est soudainement incapable d’y arriver. Il est facile de sauter
aux conclusions et d’affirmer que l’élève a arrêté de faire des
efforts. Dans de tels cas, il est toujours plus sage de chercher
d’autres causes, et d’interroger les parents pour trouver une
cause physique possible qui pourrait expliquer le changement de
rendement.
Renseignez-vous sur les LCA.
Comme la plupart du temps il n’y a aucun signe extérieur de LCA
et comme chaque LCA se manifeste de façon différente et nécessite
l’utilisation de stratégies différentes, les enseignants doivent
se familiariser avec ce handicap ou au moins connaître les sources
d’aide lorsqu’un élève atteint de LCA se présente en classe avec
des défis particuliers. Dans certains cas, les meilleures sources
d’informations proviennent des parents, mais dans d’autres cas
c’est l’enseignant qui peut mener cette discussion et présenter
des informations utiles.
Cherchez à expliquer pourquoi un élève ne progresse pas bien.
Bien qu’il soit vital de savoir que le diagnostic de LCA ne peut
être posé que par un médecin, les enseignants se trouvent dans
une situation unique pour observer les élèves sur une longue période
de temps et dans un contexte de groupe de pairs du même âge. Cette
occasion d’observer et de recueillir des informations est inestimable
pour établir une image complète du fonctionnement scolaire, social
et émotionnel d’un élève. Chaque fois qu’un élève n’a pas un bon
rendement, pour quelque raison que ce soit, il est toujours positif
que l’enseignant partage ses préoccupations avec les parents,
et ce, dès l’apparition d’un modèle évident de mauvais rendement.
Le mieux est d’avoir une réunion en face à face, si possible.