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Preface
Table of Contents
Chapter 1
Chapter 2
Chapter 3
Chapter 4
Chapter 5
Chapter 6
Chapter 7
Chapter 8
Chapter 9

Chapitre 8

Le rôle des parents


8.1 – Mythes et idées fausses
8.2 – Le rôle des parents
8.3 – Mises en garde
8.4 – Conseils généraux pour s’adresser aux parents
8.5 – Stratégies pour assurer une communication régulière entre les parents et l’enseignant


8.1 - Mythes et idées fausses

Mythe:
Les décisions d'ordre éducatif sont sous la seule responsabilité de l'enseignant et du personnel de l'école.
Fait:
La responsabilité finale de toutes les décisions concernant un enfant revient aux parents. Par conséquent, il est essentiel que les enseignants cherchent à connaître leur point de vue et leur donne un rôle central au sein de l'équipe.

Mythe:
Les parents savent toujours que leur enfant a eu un traumatisme crânien.
Fait:
Certains légers traumatismes crâniens ne font jamais l'objet d'un diagnostic médical. De plus, il se peut que les déficiences qui résultent d'une lésion cérébrale survenue à un âge précoce ne se manifestent pas pendant plusieurs années en raison de la nature du développement du cerveau.

Mythe:
Le personnel ressource en éducation spécialisée, au niveau du système, est en général bien informé à propos des lésions cérébrales.
Fait:
Jusque tout récemment, les LCA n'étaient pour ainsi dire jamais mentionnées dans les cours de formation des facultés d'éducation. Les LCA ne sont toujours pas considérées comme un handicap distinct par le ministère de l'Éducation.
 
 


8.2 - Le rôle des parents

Au cours de leur scolarité, année après année, les élèves rencontrent de nombreux enseignants, mais leurs parents eux sont toujours là, au fur et à mesure qu’ils avancent. Cela signifie que les parents peuvent être une source irremplaçable dans le processus éducatif. C’est particulièrement vrai dans le cas de parents d’enfants atteints de LCA.

Si la LCA a atteint un tournant décisif critique dans la vie d’un élève, souvent les parents veulent en apprendre davantage sur la nature du handicap de leur enfant et deviennent assez calés sur le sujet des LCA. C’est pour cette raison que les parents peuvent jouer un rôle inestimable au sein de l’équipe éducative en procurant :

  • Des informations sur la nature de la lésion et les déficiences physiques, cognitives, émotionnelles et comportementales qui en résultent.
  • Des informations sur les progrès de développement ou le style d’apprentissage de l’élève avant la lésion.
  • Un lien possible avec les professionnels médicaux et de la rééducation qui peuvent être en mesure d’offrir un point de vue utile à propos des stratégies qui pourraient fonctionner ou qui vaudraient la peine d’être envisagées.
  • Un lien au cours des périodes de transition, lors du passage d’une année à l’autre ou d’une école à l’autre.
  • Des informations sur la réaction de l’élève envers l’école lorsque celui-ci n’est pas à l’école. (Un parent qui explique que son enfant passe 5 heures à faire ses devoirs le soir pour se garder à niveau avec le travail de la sixième année donne aux enseignants un signal d’alarme important à l’effet qu’il est essentiel d’ajuster le curriculum ou les stratégies).
  • Des informations à propos des interactions sociales et des intérêts de l’élève, ainsi que des données sur ce qu’il aime faire et ne pas faire, etc.
  • Un modèle d’attitude positive envers l’école et l’apprentissage. (Les parents à qui on n’a pas fait sentir qu’ils étaient une partie importante de l’équipe éducative peuvent donner un modèle d’attitude négative et la renforcer.)
  • Un soutien pour aider l’élève à pratiquer et à développer davantage les connaissances qu’il a acquises à l’école.


8.3 - Mises en garde

Les parents d’un enfant ayant subi une LCA ont vraisemblablement vécu une expérience extrêmement traumatisante et, par conséquent, sont encore plus attentionnés vis-à-vis de leur enfant et le protègent davantage.

Essayez de vous mettre à la place des parents.

Les parents qui ont vécu la terreur du traumatisme de leur enfant ont souvent un point de vue très particulier sur leur enfant et sur l’école. On leur a peut-être dit que leur enfant ne marcherait sans doute plus jamais et ne parlerait vraisemblablement plus. On leur a peut-être dit que leur enfant ne survivrait pas ou qu’il restera dans le coma. S’ils ont vu leur enfant échapper aux pires des pronostics médicaux, ils ont peut-être l’impression d’avoir été témoins d’un «miracle». D’ailleurs, dans de nombreux cas, le miracle n’est survenu que grâce à l’engagement et à la volonté des parents qui ont continué à travailler et à espérer, quand les autres avaient perdu l’espoir que l’enfant allait se rétablir. Ces parents considèrent peut-être que le retard d’apprentissage et les comportements perturbateurs sont mineurs par rapport à ce à quoi ils s’attendaient.

Aidez les parents à avoir une vision réaliste du rendement de leur enfant.

Il est courant de voir des parents qui ont du mal à accepter la lésion cérébrale de leur enfant, en particulier si les symptômes physiques ont guéri, puis disparu. Dans de tels cas, les parents ressentent une frustration extrême et peuvent avoir besoin d’aide pour comprendre que ce qui est perçu comme étant «un manque d’effort» ou «un comportement de défi ou perturbateur» est en fait le résultat de la lésion cérébrale. Les parents qui se trouvent dans cette situation, ont souvent besoin de l’aide de l’enseignant, du psychologue scolaire ou d’autres professionnels, pour arriver à avoir une vue réaliste du rendement de leur enfant.

Donnez aux parents le temps de s’adapter.

S’il a été décidé que l’élève allait recevoir un appui en éducation spécialisée, il est important de savoir que les parents, ainsi que l’élève, en sont à leur première expérience d’éducation spécialisée. Cela peut les inquiéter un peu. En effet, les parents ne sont pas habitués au jargon et aux procédures des écoles, aspects bien connus du personnel scolaire. Assurez-vous de prendre le temps de permettre aux parents d’obtenir les informations à la vitesse qui leur convient et de s’adapter au changement de perspective et de plan pour leur enfant.

Réalisez que le rendement d’un élève peut être différent de ce qu’on pense.

De nombreuses lésions cérébrales passent inaperçues ou sont oubliées lorsque l’élève semble être rétabli. Plus tard, lorsque l’élève traverse les différentes étapes de développement et atteint un âge où il fait face à des défis scolaires de niveau plus élevé, il est soudainement incapable d’y arriver. Il est facile de sauter aux conclusions et d’affirmer que l’élève a arrêté de faire des efforts. Dans de tels cas, il est toujours plus sage de chercher d’autres causes, et d’interroger les parents pour trouver une cause physique possible qui pourrait expliquer le changement de rendement.

Renseignez-vous sur les LCA.

Comme la plupart du temps il n’y a aucun signe extérieur de LCA et comme chaque LCA se manifeste de façon différente et nécessite l’utilisation de stratégies différentes, les enseignants doivent se familiariser avec ce handicap ou au moins connaître les sources d’aide lorsqu’un élève atteint de LCA se présente en classe avec des défis particuliers. Dans certains cas, les meilleures sources d’informations proviennent des parents, mais dans d’autres cas c’est l’enseignant qui peut mener cette discussion et présenter des informations utiles.

Cherchez à expliquer pourquoi un élève ne progresse pas bien.

Bien qu’il soit vital de savoir que le diagnostic de LCA ne peut être posé que par un médecin, les enseignants se trouvent dans une situation unique pour observer les élèves sur une longue période de temps et dans un contexte de groupe de pairs du même âge. Cette occasion d’observer et de recueillir des informations est inestimable pour établir une image complète du fonctionnement scolaire, social et émotionnel d’un élève. Chaque fois qu’un élève n’a pas un bon rendement, pour quelque raison que ce soit, il est toujours positif que l’enseignant partage ses préoccupations avec les parents, et ce, dès l’apparition d’un modèle évident de mauvais rendement. Le mieux est d’avoir une réunion en face à face, si possible.

 


Une simple question du style «Votre fils ou votre fille a-t-il(elle) déjà reçu un fort coup qui l’a étourdi(e) ou rendu(e) confus(e) ou lui a fait perdre connaissance?» peut donner des informations utiles.

Lorsqu’on cherche à expliquer les problèmes de rendement d’un élève, il est sage de réunir des informations concernant le bien-être physique de l’élève. En plus des questions sur sa santé générale, sur ses habitudes de sommeil et sa façon de manger, ainsi que sur les maladies et les troubles qu’il a eus antérieurement, il est conseillé d’inclure une question à propos d’un éventuel traumatisme à la tête.

Il est extrêmement important de ne pas être alarmiste et il ne faut certainement pas suggérer qu’il y a peut-être une lésion cérébrale. Cependant, il n’est pas rare qu’un parent donne une réponse qui révèle qu’un important traumatisme est survenu plusieurs années auparavant et que ce dernier avait été oublié, car l’élève semblait avoir récupéré.

Il est tout à fait approprié de demander aux parents des détails sur les conditions de santé actuelles et passées de l’élève, mais le fait de tirer des conclusions de leurs réponses est tout à fait inapproprié. Si les réponses des parents vous font soupçonner un problème médical de n’importe quelle sorte, il est mieux de recommander que l’élève aille chez le médecin et que le médecin soit informé des symptômes actuels ou des maladies ou blessures antérieures.

 

 

 

 

 

La communication avec les parents devrait être continue

 

8.4 - Conseils généraux pour s’adresser aux parents

  • Accueillez positivement la participation des parents.
  • Assurez les parents que les informations resteront confidentielles.
  • Tenez compte de l’organisation physique pour la conversation (évitez d’avoir un bureau entre vous et les parents).
  • Faites attention au ton de la voix et au langage corporel (les vôtres et les leurs).
  • Évitez d’utiliser du jargon.
  • Soyez ouvert au point de vue des autres. Ne partez pas du principe que votre version des faits est la seule qui soit valable.
  • Travaillez à créer un partenariat égal. Ayez comme objectif de partager l’engagement et les responsabilités.
  • Ne monopolisez pas la conversation.
  • N’oubliez pas que les parents ont souvent un nombre incroyable d’informations à fournir sur leur enfant. Soyez ouvert et laissez-les vous éduquer.
  • Ne partez pas du principe qu’en tant qu’enseignant vous «devez tout savoir». C’est impossible! Ce qui compte, c’est d’avoir la volonté d’en savoir plus.
  • N’oubliez pas que des facteurs socio-économiques différents ne sont pas synonymes de mauvaises conditions parentales.
  • Ne prenez pas les choses personnellement. Souvent, il y a des facteurs et des frustrations qui ont pour ainsi dire rien à voir avec la situation éducative actuelle.
  • Faites tous les efforts possibles pour maintenir la dignité des parents, en particulier en présence de problèmes socio-économiques, culturels ou linguistiques.
  • Partez du principe que la plupart des parents font leur maximum.

8.5 - Stratégies pour assurer une communication régulière entre les parents et l’enseignant

  • Déterminez quel est le mode de communication préféré (par exemple, le téléphone, les notes écrites, le face à face, les rencontres, le courriel, etc.)
  • Établissez la fréquence des communications et le moment où elles auront lieu.
  • Ayez un calendrier des rencontres qui dresse la liste des sujets à discuter.
  • Ne vous concentrez pas seulement sur les problèmes de l’élève; discutez aussi des réussites.
  • Encouragez les parents à participer en leur permettant de donner des informations pertinentes sur l’élève et en les encourageant à partager la responsabilité de la prise de décision.
  • Faites que les parents soient conscients de leurs droits et de leurs responsabilités au sujet du processus de CIPR et de PÉI.

    Chapitre 7 - Chapitre 9

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